La Jeune fille sans mains

jeune fillesLa semaine prochaine sortira en salle "La jeune fille sans mains" de Sébastien Laudenbach. Ce très beau film d’animation a été remarqué cette année dans la programmation cannoise de l’ACID. Il a aussi reçu un prix au prestigieux Festival du Film d’animation d’Annecy. Le mercredi 9 novembre nous avons eu le privilège d’accueillir Sebastien Laudenbach, venu avec son grand carton à dessin, au lycée Eugénie Cotton.

Au cours de cette rencontre, le réalisateur nous a introduit au monde du cinéma d’animation. Il nous a fait part du véritable parcours du combattant que représente la production et la réalisation d’un tel film puisque cela coûte en moyenne deux millions d’euros. En effet, les temps de conception et de réalisation sont importants et nécessitent diverses étapes impliquant beaucoup de personnes tant pour le dessin, que la couleur, les voix, la musique… Cependant, Sébastien Laudenbach dans "La jeune fille sans main » a réussi le pari d’un film à moins de cinq cent mille euros.

Le réalisateur est reparti d’un ancien projet basé sur le conte portant le même nom sur lequel il avait travaillé de nombreuses années et qui avait du être abandonné faute de financement. Il nous a présenté sa méthode de travail où prime l’économie graphique puisqu’il était désormais seul à dessiner. Selon lui, nous ne sommes pas obligé de tout dessiner. Seuls les « images clefs » sont à définir précisément. En cela, il s’inspire de la cryptokynographie, technique à handicap de l’Oulipo. Chaque dessin en lui même semble ne rien représenter mais prend sens une fois animé. « Quand ça ne bouge pas, on ne peut pas dire ce que ça représente, quand ça bouge, tout devient clair ». Nous avons pu voir des extraits du films et constater que cela crée un rapport au mouvement et à la narration très fluide et organique. 
Nous avons eu la chance de voir des planches dessinées, des story-boards très détaillés, des carnets de croquis retraçant la genèse du projet, ainsi que les références du réalisateur. Cette petite conférence nous a permis d’avoir une vision globale du monde de l’animation cinématographique, mais aussi d’avoir une vue détaillée sur le travail de Sébastien Laudenbach, réalisateur enthousiaste et surtout novateur, avec une nouvelle manière d’interpréter l’animation en long-métrage.

Mots-clés: Mànaa

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